Nombres réels

Exercice 1

Dans tout cet exercice, \(x\), \(y\) et \(z\) sont des réels.

  1. Démontrer les relations suivantes :

\[ 2|xy| \leq x^2 + y^2 \quad \text{et} \quad \sqrt{x^2 + y^2} \leq |x| + |y| \leq \sqrt{2} \sqrt{x^2 + y^2} \]

  1. Montrer que \(|x| = \max\{x, -x\}\). Le maximum de deux nombres \((x, y)\) (c’est-à-dire le plus grand des deux) est noté \(\max\{x, y\}\). De même, on notera \(\min\{x, y\}\) le plus petit des deux nombres \((x, y)\).
Corrigé
  1. Soient \(x, y \in \mathbb R\). On sait que \[ 0 \leq (|x|-|y|)^2 \Leftrightarrow x^2 -2|x||y| + y^2 \geq 0 \Leftrightarrow x^2 + y^2 \geq 2|x||y|\]

Il reste à montrer que \[\begin{equation} \begin{aligned} \sqrt{x^2 + y^2} &\leq |x| + |y| \leq \sqrt{2} \sqrt{x^2 + y^2} \end{aligned} \end{equation}\]

Soient \(x, y \in \mathbb R\).

Comme \(|xy| = |x||y|\) et \(0 \leq 2|x||y| \leq x^2+y^2\), alors :

\[\begin{equation} \begin{aligned} x^2+y^2 &\leq (|x|+|y|)^2 \leq 2(x^2+y^2) \\ \sqrt{x^2 + y^2} &\leq |x| + |y| \leq \sqrt{2} \sqrt{x^2 + y^2} \end{aligned} \end{equation}\]

  1. Soient \(x, y \in \mathbb R\). Si \(max \{x,-x\}= x\), alors \(x \geq -x \Leftrightarrow 2x \geq 0\). Alors \(|x| = x\).

\[\begin{equation} x \geq 0 \Rightarrow |x| =x= max\{x,-x\} \end{equation}\]

Si \(max \{x,-x\}= -x\), alors \(-x \geq x \Leftrightarrow -2x \geq 0\). Alors \(|x| = -x\).

\[\begin{equation} -x \geq 0 \Rightarrow |x| =-x= max\{x,-x\} \end{equation}\]

D’où \(|x| = max\{x,-x\}\)

Exercice 2

Soit \(E = \left\{ \frac{1}{n} + \frac{1}{m} \mid (n,m) \in \mathbb{N}^* \times \mathbb{N}^* \right\}\). Déterminer, si elles existent, la borne supérieure et la borne inférieure de \(E\).

Corrigé

Recherche de la borne supérieure :

Il est clair que \(E\) est non vide et notons par \(e_{n,m}\) les éléments de \(E\). \(\forall (n,m) \in \mathbb{N}^* \times \mathbb{N}^*\), nous avons \(n \geq 1\) et \(m \geq 1\). Par conséquent,

\[\begin{equation} \begin{aligned} \frac{1}{n} &\leq 1 \quad \text{et} \quad \frac{1}{m} \leq 1 \\ \frac{1}{n} + \frac{1}{m} &\leq 1 + 1 \Rightarrow e_{n,m} \leq 2 \end{aligned} \end{equation}\]

On en déduit que \(2\) est un majorant de \(E\) ; de plus comme \(e_{1,1} \in E\) alors \(e_{1,1} = \max(E) = \sup(E) = 2\).

Recherche de la borne inférieure :

On a \(\forall (n,m) \in \mathbb{N}^* \times \mathbb{N}^*\), \(0 < \frac{1}{n} + \frac{1}{m}\). Donc \(0\) est un minorant de \(E\).

Montrons que \(0 = \inf(E)\). Il suffit de montrer que \(\forall y \in \mathbb{R}\), \(y > 0\), alors il existe \(\alpha \in E\) tel que \(0 < \alpha < y\). D’après la propriété d’Archimède,

\[\begin{equation} \forall y \in \mathbb{R}^*_+, \forall x \in \mathbb{R}^*_+, \exists n \in \mathbb{N}^* : ny > x \end{equation}\]

En posant \(x = 1\), on obtient l’existence d’un entier naturel non nul \(n\) tel que \(ny > 1\), autrement dit, tel que \(y > \frac{1}{n} + \frac{1}{n}\). Comme \(\alpha = e_{n,n} \in E\), on conclut que \(0\) est bien la borne inférieure de \(E\).

Exercice 3

Soit \(E\) la partie de \(\mathbb{R}\) définie par : \[E = \left\{ u_n = \frac{n - 1}{n} \cdot \frac{n + 1}{n} ; n \in \mathbb{N}^* \right\}.\]

  1. Montrons que \(E\) est infini et borné.

  2. Déterminer, si elles existent, la borne supérieure et la borne inférieure de \(E\).

Corrigé

1. Montrons que \(E\) est infini et borné :

Montrons que les éléments de \(E\) sont tous distincts, ce qui prouvera que \(E\) est infini. Raisonnons par l’absurde en supposant deux éléments égaux pour deux entiers strictement positifs \(n_1\) et \(n_2\) (avec \(n_1 \neq n_2\)) :

\[\begin{equation} \begin{aligned} u_{n_1} &= u_{n_2} \\ \Leftrightarrow \frac{n_1 - 1}{n_1} \cdot \frac{n_1 + 1}{n_1} &= \frac{n_2 - 1}{n_2} \cdot \frac{n_2 + 1}{n_2} \\ \Leftrightarrow n_1^2 &= n_2^2 \Rightarrow n_1 = n_2 \end{aligned} \end{equation}\]

Ce qui est absurde. Donc \(E\) est infini.

Montrons que \(u_n\) est borné. Pour tout \(n \in \mathbb{N}^*\), \(\frac{n - 1}{n} \leq 1\) et \(\frac{n + 1}{n} \leq 2\), donc \(u_n \leq 2\). De plus, pour tout \(n \in \mathbb{N}^*\), \(n > 1\) et \(\frac{n - 1}{n} > 0\), donc \(u_n > 0\). On en tire que \(E\) est minorée par \(0\) et majorée par \(2\).

2. Déterminer si elle existe la borne supérieure et la borne inférieure de \(E\) :

Sachant \(0 < u_1 \in E\), \(E\) admet une borne inférieure \(m\) et une borne supérieure \(M\) qui vérifient : \(m \geq 0\) et \(M \leq 2\).

Comme \(u_1 = \frac{1}{2}\), on a \(\inf(E) = \frac{1}{2}\).

Montrons que \(\sup(E) = 2\). Pour cela, pour tout \(\epsilon > 0\), montrons que \(2 - \epsilon\) n’est pas un majorant de \(E\). Il faut trouver \(u_n \in E\) tel que \(2 - \epsilon < u_n\). On a

\[\begin{equation} \begin{aligned} 2 - \epsilon &< u_n \\ \Leftrightarrow 2 - \epsilon &< \frac{n - 1}{n} \cdot \frac{n + 1}{n} \\ \Leftrightarrow (2 - \epsilon) n^2 &< (n - 1)(n + 1) \\ \Leftrightarrow (2 - \epsilon) n^2 &< n^2 - 1 \\ \Leftrightarrow \epsilon n^2 &< 1 \end{aligned} \end{equation}\]

Pour \(n > \sqrt{\frac{1}{\epsilon}}\), \(u_n > 2 - \epsilon\), donc \(2 - \epsilon\) n’est pas un majorant de \(E\). Donc, on a \(\sup(E) = 2\).

Exercice 4

Soit \(E\) la partie de \(\mathbb{R}\) définie par : \[E = \left\{ u_n = \frac{n - 1}{n} \cdot \frac{n + 1}{n} ; n \in \mathbb{N}^* \right\}.\]

  1. Montrons que \(E\) est infini et borné.

  2. Déterminer, si elles existent, la borne supérieure et la borne inférieure de \(E\).

Corrigé

1. Montrons que \(E\) est infini et borné :

Montrons que les éléments de \(E\) sont tous distincts, ce qui prouvera que \(E\) est infini. Raisonnons par l’absurde en supposant deux éléments égaux pour deux entiers strictement positifs \(n_1\) et \(n_2\) (avec \(n_1 \neq n_2\)) : \[u_{n_1} = u_{n_2} \Leftrightarrow \frac{n_1 - 1}{n_1} \cdot \frac{n_1 + 1}{n_1} = \frac{n_2 - 1}{n_2} \cdot \frac{n_2 + 1}{n_2} \Leftrightarrow n_1^2 = n_2^2 \Leftrightarrow n_1 = n_2\] Ce qui est absurde. Donc \(E\) est infini.

Montrons que \(u_n\) est borné. Pour tout \(n \in \mathbb{N}^*\), \(\frac{n - 1}{n} \leq 1\) et \(\frac{n + 1}{n} \leq 2\), donc \(u_n \leq 1\). De plus, pour tout \(n \in \mathbb{N}^*\), \(n > 1\) et \(\frac{n - 1}{n} > 0\), donc \(u_n > 0\). On en tire que \(E\) est minorée par \(0\) et majorée par \(1\).

2. Déterminer si elle existe la borne supérieure et la borne inférieure de \(E\) :

Sachant \(0 = u_1 \in E\), \(E\) admet une borne inférieure \(m\) et une borne supérieure \(M\) qui vérifient : \(m \geq 0\) et \(M \leq 1\).

Comme \(u_1 = 0\), on a \(\inf(E) = 0\).

Montrons que \(\sup(E) = 1\). Pour cela, pour tout \(\epsilon > 0\), montrons que \(1 - \epsilon\) n’est pas un majorant de \(E\). Il faut trouver \(u_n \in E\) tel que \(1 - \epsilon < u_n\). On a \[1 - \epsilon < u_n \Leftrightarrow 1 - \epsilon < \frac{n - 1}{n} \cdot \frac{n + 1}{n} \Leftrightarrow (1 - \epsilon) (n^2 + 1) < n^2 - 1 \Leftrightarrow n^2 > \frac{2 - \epsilon}{\epsilon}\]

Si \(\epsilon > 1\), on a \(1 - \epsilon < 0 \leq u_n\). Si \(\epsilon \leq 1\) alors \(\frac{2 - \epsilon}{\epsilon} = 1 + \frac{1 - \epsilon}{\epsilon} > 0\), on peut prendre \(n > \sqrt{\frac{2 - \epsilon}{\epsilon}}\) pour montrer que \(1 - \epsilon\) n’est pas un majorant de \(E\). Donc, on a \(\sup(E) = 1\).

Exercice 5

Soient \(x\) et \(y\) deux nombres réels.

Montrons que : \[\max\{x, y\} = \frac{x + y + |x - y|}{2}\]

Corrigé

Montrons que** \(\max\{x, y\} = \frac{x + y + |x - y|}{2}\) :

Deux cas sont possibles : ou bien \(x \leq y\) ou bien \(x > y\).

Cas 1 : Si \(x \leq y\) alors \(x - y \leq 0\) et \[\max\{x, y\} = y \quad \text{et} \quad \frac{x + y + |x - y|}{2} = \frac{x + y - (x - y)}{2} = y\] \[\Rightarrow \max\{x, y\} = \frac{x + y + |x - y|}{2}\]

Cas 2 : Si \(x > y\) alors \(x - y > 0\) et \[\max\{x, y\} = x \quad \text{et} \quad \frac{x + y + |x - y|}{2} = \frac{x + y + (x - y)}{2} = x\] \[\Rightarrow \max\{x, y\} = \frac{x + y + |x - y|}{2}\]

On a démontré que dans les deux cas envisageables, la relation est vraie.

Exercice 6

Soit \(E\) la partie de \(\mathbb{R}\) définie par : \(E = \{ x \in \mathbb{Q}^+ \mid x^2 < 2 \}\).

  1. Montrons que \(E\) est majorée dans \(\mathbb{Q}\).

  2. Montrons que si \(a \in E\), il existe \(r \in \mathbb{Q}^+\) tel que \(a + r \in E\).

  3. \(E\) a-t-elle une borne supérieure dans \(\mathbb{Q}\) ?

Corrigé

1. Montrons que \(E\) est majorée dans \(\mathbb{Q}\) :

Soit \(x \in E\). On remarque que si \(x > 2\) alors \(x^2 > 4 > 2\) implique que \(x \notin E\), ce qui est une contradiction. On en déduit que pour tout \(x \in E\), \(x < 2\). De plus, pour tout \(x \in E\), on a \(x < 2\).

2. Montrons que si \(a \in E\), il existe \(r \in \mathbb{Q}^+\) tel que $a + r E :

Pour tout \(a \in E\), par définition on a \(a^2 < 2\), donc \(2 - a^2 > 0\). Posons \(r = \frac{2 - a^2}{2a + 2} \in \mathbb{Q}^+\).

On obtient \(r < \frac{2}{2a + 2} < 2\) et sachant que \(a \in \mathbb{Q}^+\), alors \(a + r \in \mathbb{Q}^+\). On obtient : \[(a + r)^2 = a^2 + 2ar + r^2 = a^2 + (2a + r)r < a^2 + (2a + 2)r = a^2 + 2 - a^2 = 2\] Donc \(a + r \in E\).

3. \(E\) a-t-elle une borne supérieure dans \(\mathbb{Q}\) :

Supposons qu’il existe \(y \in \mathbb{Q}\) tel que \(y = \sup(E)\). Donc \(1 \leq y \leq 2\) car \(1 \in E\) et \(2\) est un majorant de \(E\).

Cas 1 : Supposons que \(y^2 < 2\). On a \(y \in E\). D’après la question précédente, \(z = y + r \in E\). On a donc trouvé un \(z \in E\) tel que \(z > y = \sup(E)\). Ce qui est une contradiction.

Cas 2 : Supposons que \(y^2 > 2\). Soit \(\epsilon > 0\) tel que \((y - \epsilon)^2 > 2\). On a \((y - \epsilon)^2 = y^2 - 2y\epsilon + \epsilon^2\). Sachant que \(y \leq 2\), nous avons \(-2y\epsilon \geq -4\epsilon\) et que \[(y - \epsilon)^2 > y^2 - 4\epsilon + \epsilon^2 > y^2 - 4\epsilon\]

Si \(y^2 - 4\epsilon > 2\), c’est-à-dire \(\epsilon < \frac{y^2 - 2}{4}\) alors \((y - \epsilon)^2 > 2\).

Posons \(\epsilon = \frac{y^2 - 2}{6}\). On obtient \(\epsilon = \frac{y^2 - 2}{6} < \frac{2^2 - 2}{6} = \frac{1}{3} < 1 < y\).

Donc \(M = y - \frac{y^2 - 2}{6} \in \mathbb{Q}^+\), \(M < y\) et \(M^2 > 2\).

Supposons qu’il existe \(x \in E\) tel que \(x > M\), alors \(x^2 > M^2 > 2\), ce qui est absurde. Donc pour tout \(x \in E\), \(x < M\) et \(M\) est un majorant plus petit que \(y\). Ce qui est une contradiction.

Cas 3 : Supposons que \(y^2 = 2\). Sachant que \(y \in \mathbb{Q}^+\), il existe deux entiers naturels \(m\) et \(n\) premiers entre eux tels que \(y = \frac{m}{n}\). \(y^2 = 2\) implique que \[\left( \frac{m}{n} \right)^2 = 2 \Rightarrow m^2 = 2n^2 \Rightarrow m \text{ est pair, donc divisible par 2} \Rightarrow \frac{m}{2} \in \mathbb{Z}\] \[4 \left( \frac{m}{2} \right)^2 = 2n^2 \Rightarrow n^2 = 2 \left( \frac{m}{2} \right)^2 \Rightarrow n \text{ est pair, donc divisible par 2}\]

\(2\) est un facteur commun de \(m\) et \(n\), ce qui est absurde.

Exercice 7

Soit \(A\) une partie de \(\mathbb{R}\), \(\alpha \in \mathbb{R}\) et \(\beta \in \mathbb{R}^+\) tel que \[\forall a \in A, \ \beta \leq a \leq \alpha.\]

  1. Montrer que la partie \(B\) de \(\mathbb{R}\) formée des inverses des éléments de \(A\) est bornée.
  2. Exprimer ses bornes inférieures et supérieures en fonction de celles de \(A\).
Corrigé

Soient \(A\) et \(B\) deux ensembles inclus dans \(\mathbb R\).

1. Montrons que la partie \(B\) formé par les inverses de \(A\) est bornée.

Soit \(a \in A\), \(B = \{\frac{1}{a} , a \in A\}\). \(B\) est non vide.

Soientt \(\alpha \in \mathbb R, \quad \beta \in \mathbb R_{+}^{*}\).

On a \(\beta>0\) et \(\beta \leq \alpha\) $ $. Donc,

\[ \frac{1}{\alpha} \leq \frac{1}{a} \leq \frac{1}{\beta} \in B.\] Donc \(B\) est majoré par \(\frac{1}{\beta}\), et minoré par \(\frac{1}{\alpha}\).

2. Exprimons sa borne \(sup\) et \(inf\) en fonction de celles de \(A\).

On a \(B \neq \emptyset\) et minoré donc \(B\) admet une borne inférieure.

On determine d’abord la borne \(supA\) et \(infA\).

On a pour tout \(a \in A\), \(\beta \leq a \leq \alpha\).

\(A\) est minoré par \(\beta\) de plus \(\beta \in A\) alors \(minA = \beta\).

d’ou, \[ infA =\beta\]

\(A\) est majoré par \(\alpha\) de plus \(\alpha \in A\) alors \(maxA = \alpha\).

d’ou, \[ supA =\alpha\]

Il reste maintenant celles de \(B\).

On sait que, \(\frac{1}{\alpha} \leq \frac{1}{a} \leq \frac{1}{\beta}\) . Alors, \(\frac{1}{supA} \leq \frac{1}{a} \leq \frac{1}{infA}\).

\(B\) est majoré par \(\frac{1}{infA}\) de plus \(\frac{1}{infA} \in B\) alors \(maxB = \frac{1}{infA}\).

d’ou, \[ supB = \frac{1}{infA}\]

\(B\) est minoré par \(\frac{1}{supA}\) de plus \(\frac{1}{supA} \in B\) alors \(minB = \frac{1}{supA}\).

d’ou, \[ infB = \frac{1}{supA}\]

Exercice 8

Soient A et B deux parties non vides de \(\mathbb{R}\). Montrer que :

  1. Si \(A\) et \(B\) sont majorées, \(A \cup B\) est majorée et \(\sup(A \cup B) = \sup(\sup A, \sup B)\).

  2. Si \(A\) et \(B\) sont minorées, \(A \cup B\) est minorée et \(\inf(A \cup B) = \inf(\inf A, \inf B)\).

Corrigé

A et B sont des parties non vides de \(\mathbb{R}\) et de plus elles sont majorées donc A et B admettent des bornes supérieures.

Soient \(\sup A\) et \(\sup B\) les bornes supérieures respectives de A et B.

Soit \(x \in A \cup B \iff x \in A\) ou \(x \in B\) c’est-à-dire \(x \leq \sup A\) ou \(x \leq \sup B\) i.e. \(x \leq \sup(\sup A, \sup B)\) d’où \(\forall x \in A \cup B, x \leq \sup(\sup A, \sup B)\).

On peut conclure que \(\sup(\sup A, \sup B)\) majore \(A \cup B\).

\(\sup(A \cup B)\) existe car \(A \cup B\) est non vide ( \(A \subset A \cup B\) ou \(B \subset A \cup B\)) et majorée par \(\sup(\sup A, \sup B)\) de plus nous avons \(\sup(A \cup B) \leq \sup(\sup A, \sup B)\).

Montrons maintenant que \(\sup(A \cup B) \geq \sup(\sup A, \sup B)\) : on a \(A \subset A \cup B\) alors \(\sup(A \cup B) \geq \sup A\) de même nous avons \(B \subset A \cup B\) alors \(\sup(A \cup B) \geq \sup B\) d’où \(\sup(A \cup B) \geq \sup(\sup A, \sup B)\).

Donc \(\sup(A \cup B) = \sup(\sup A, \sup B)\).

  1. A et B sont des parties non vides de \(\mathbb{R}\) et de plus elles sont minorées donc A et B admettent des bornes inférieures.

Soient \(\inf A\) et \(\inf B\) les bornes inférieures respectives de A et B. Soit \(x \in A \cup B \iff x \in A\) ou \(x \in B\) c’est-à-dire \(x \geq \inf A\) ou \(x \geq \inf B\) i.e. \(x \geq \inf(\inf A, \inf B)\) donc \(\inf(\inf A, \inf B)\) est un minorant de \(A \cup B\).

Il découle aussi \(\inf(\inf A, \inf B) \leq \inf(A \cup B)\) car \(\inf(A \cup B)\) est le plus grand des minorants de \(A \cup B\).

Montrons maintenant que \(\inf(A \cup B) \geq \inf(\inf A, \inf B)\) : on a \(A \subset A \cup B\) alors \(\inf(A \cup B) \leq \inf A\) de même nous avons \(B \subset A \cup B\) alors \(\inf(A \cup B) \leq \inf B\) d’où \(\inf(A \cup B) \leq \inf(\inf A, \inf B)\).

Donc \(\inf(A \cup B) = \inf(\inf A, \inf B)\).

Exercice 9

Soit \(E(x)\) la fonction partie entière définie sur \(\mathbb{R}\).

  1. Montrer que la fonction partie entière est croissante sur \(\mathbb{R}\).

  2. Montrer que

\[ \forall x, y \in \mathbb{R}, \quad E(x) + E(y) \leq E(x + y) \leq E(x) + E(y) + 1. \]

  1. En déduire que \(\forall x \in \mathbb{R}, E(x + 1) = E(x) + 1\).
Corrigé

Soient \(x, y \in \mathbb{R}\) tels que \(x \leq y\). Montrons que \(E(x) \leq E(y)\). \(\forall x \in \mathbb{R}\), nous avons \(E(x) \leq x < E(x) + 1\). De même \(\forall y \in \mathbb{R}\), nous avons \(E(y) \leq y < E(y) + 1\). Or \(x \leq y\) d’où \(E(x) \leq x \leq y < E(y) + 1\).

Donc \(E(x) \leq E(y)\) car \(E(y)\) est le plus grand entier naturel inférieur à \(E(y) + 1\).

  1. Nous avons \(E(x) \leq x < E(x) + 1\) et \(E(y) \leq y < E(y) + 1\). En faisant la somme des deux inégalités, nous obtenons \(E(x) + E(y) \leq x + y < E(x) + E(y) + 2\).

Comme \(E(x)\) est une fonction croissante, alors en appliquant la fonction partie entière à l’inégalité, nous avons \(E(E(x) + E(y)) \leq E(x + y) < E(E(x) + E(y) + 2)\).

Donc \(E(x) + E(y) \leq E(x + y) \leq E(x) + E(y) + 1\).

  1. D’après l’inégalité précédente, en prenant \(y = 1\), nous avons \(E(x) + E(1) \leq E(x + 1) \leq E(x) + E(1) + 1\). Comme \(E(1) = 1\), nous obtenons \(E(x) + 1 \leq E(x + 1) \leq E(x) + 2\). Le plus grand entier naturel inférieur à \(E(x) + 2\) est \(E(x) + 1\), donc \(E(x + 1) = E(x) + 1\).
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